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  • Publication : 29 06 2009
  • Catégorie : La presse

Arnaud ou la vie normale d'un jeune en fauteuil

Arnaud Bocher dans son appartement du Braden. Un endroit qui n'est pas adapté pour accueillir une personne handicapée mais qu'Arnaud a su dompter.

Les jeunes se révèlent. A 21 ans, cet étudiant quimpérois compose avec sa maladie génétique. Mais refuse d'être stigmatisé. Rencontre détonnante avec un jeune qui l'est tout autant.

Portrait

Arnaud Bocher, 21 ans, Quimpérois d'adoption depuis qu'il mène des études en BTS industrialisation des produits mécaniques au Likès, est un jeune tout ce qu'il y a de plus normal. A une exception prêt. Arnaud est atteint d'une maladie génétique : l'amyotrophie spinale infantile. Cette dernière engendre une fonte musculaire qui ne permet plus à Arnaud de supporter son poids.

Mais pas de misérabilisme, Arnaud n'en veut pas. Pas plus qu'il n'accepte la pitié et le regard larmoyant sur ce qui lui arrive. Ce qu'il veut, c'est vivre la vraie vie d'un jeune de son âge. Et il s'y atèle avec brio.

« J'ai toujours vécu avec des valides. Au bout d'un moment, le handicap, tu l'oublies », confie celui qui n'a jamais voulu évoluer dans une structure médicalisée. « J'ai passé deux ans à Kerpape quand j'étais enfant. J'étais en échec scolaire. Je n'avais pas envie de m'enfermer dans le monde du handicap. »

« Autonome dans mon fauteuil »

Cependant, il comprend aussi ceux qui font ce choix. Notamment celui de Benoît, le frère jumeau d'Arnaud, qui est aussi touché par la maladie, à un stade plus avancé. Vincent, le dernier des triplés, est valide.

Et c'est une vie de valide que mène Arnaud. Il vit seul dans son appartement depuis deux ans. Un endroit qui n'est pas adapté à son fauteuil électrique. Qu'importe, Arnaud s'est débrouillé pour le rendre accessible.

Peu de meubles dans le salon-chambre pour pouvoir circuler. Pour la vaisselle, il ouvre le placard situé sous l'évier et s'avance un peu plus. La porte de la salle de bain a un peu souffert au début mais désormais, Arnaud maîtrise la technique à la perfection. Seul hic, il ne peut pas bénéficier de son balcon à cause d'une petite margelle. Mais son chat, Braden, s'en occupe !

Pour les gestes de la vie quotidienne, Arnaud est aidé par une infirmière. « Elle vient me lever à 6 h 30, m'aide pour la toilette et repasse pour me coucher à 20 h 30. Sinon, une fois dans mon fauteuil, je suis autonome. » L e service handiqub assure les liaisons avec le Likès et pour le reste Arnaud se débrouille comme un chef ! « Ce n'est pas parce que tu es en fauteuil que tu ne peux rien faire. J'ai la chance d'être bien entouré aussi. »

Le week-end, Arnaud rentre à Guidel dans le Morbihan, son fief natal. Il y retrouve ses potes de toujours et la fête est souvent au rendez-vous. « Quand on sort, on met le fauteuil manuel dans la voiture et en avant ! » Et des souvenirs de nuits blanches, Arnaud en a des tonnes.

« Toujours aller de l'avant »

Quand on lui pose la question des galères ou des regrets, Arnaud ne lâche pas son sourire. « Je fais en sorte qu'il n'y ait jamais de découragement et de toujours aller de l'avant. Je ne veux pas que le handicap prenne plus de place dans ma vie. » Il aimerait bien évidemment conduire mais pour cela, il lui faudrait trouver 100 000 € pour acheter une voiture adaptée.

Et avec les filles ? Arnaud hésite et avoue qu'il lui faudra encore travailler sur lui. « Je ne me considère pas comme handicapé. Or, avant de faire accepter à l'autre mon handicap, je dois complètement l'intégrer moi-même. »

A la rentrée prochaine, Arnaud devrait poursuivre ses études à Nantes, en licence logistique et qualité. Il va consacrer son été à organiser sa nouvelle vie là-bas. « Je m'installe en coloc avec un pote », lance-t-il. Arnaud poursuit sa route. A 100 à l'heure.

Delphine LE NORMAND.
Ouest-France

Source : http://www.quimper.maville.com/actu/actudet_-Arnaud-ou-la-vie-normale-d-un-jeune-en-fauteuil-_loc-984437_actu.Htm

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